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Quelques démarches d'éco-conception
La mise en place d'une démarche d'éco-conception requiert
l'acquisition de nouvelles connaissances et compétences dans l'évaluation
de la qualité écologique des produits. Analyse du cycle
de vie, espace environnemental, sac à dos écologique, évaluation
simplifiée, check-list
sont quelques-uns des outils existants
permettant rapidement d'améliorer la qualité écologique
des produits tant en interne (production) qu'en externe (achats).
L'analyse du cycle de vie (ACV)
C'est l'une des méthodes couramment employées dans l'industrie
pour intégrer la problématique environnementale dans la
conception des produits. Développée depuis plus d'une quinzaine
d'années, elle a donné lieu à des milliers d'études
réalisées de par le monde.
Souvent utilisée de façon réactive ("l'écobilan
de mon produit est meilleur que celui de mon concurrent"), cet outil
a gagné en clarté notamment grâce aux différents
travaux de normalisation (série ISO 14040 et suivantes).
Il s'est également démocratisé grâce au développement
d'outils informatiques intégrant des bases de données d'études
réalisées antérieurement et disposant de méthodes
d'évaluation. A partir d'éléments quantifiés,
l'ACV étudie, dans ses rapports avec l'environnement, un système
industriel impliquant un produit remplissant une ou plusieurs fonctions
du point de vue de l'utilisateur.
4 étapes sont définies dans l'ACV :
- Définition des objectifs et du champ de l'étude (Goal
definition and scoping)
- Inventaire ou écobilan (inventory analysis)
- Évaluation des impacts sur l'environnement ou écoprofil
(impact assessment)
- Recherche d'améliorations (improvement assessment)
Les logiciels d'ACV
Il existe aujourd'hui plus d'une cinquantaine de logiciels d'ACV, permettant
de calculer les impacts environnementaux des produits. Citons quelques
produits parmi d'autres : SimaPro, EIME, GaBI, UMBERTO, KCL-ECO, The Boustead
Model, EcoPro, EMIS, Ökobase, PEMS
Ces logiciels compilent les études antérieures rendues
publiques dans des bases de données. La pertinence de
l'utilisation de telle ou telle base de
données reste du ressort d'un expert.
L'espace environnemental (EE)
Depuis le début des années 90 le concept d'espace environnemental
a été présenté dans plus de 30 pays au travers
de la campagne "Sustainable Europe".
Le but de la méthode est de :
- définir un monitoring de la consom-mation de ressources au niveau
d'une entreprise
- fixer des objectifs de réduction de consommation de ressources
au niveau d'une entreprise sur la base de l'analyse de l'espace environnemental
- redéfinir les concepts de produits et services au travers du
cycle de vie complet dans le cadre d'une société où
il existe globalement
10 millions de consommateurs
- développer des guidelines pour une utilisation opérationnelle
du concept d'espace environnemental au niveau d'une entreprise.
L'audit "ecospace" se focalise sur les inputs et non sur les
outputs et traite des aspects environnementaux et sociaux (conditions
de travail, respect des droits et participation de la population, performance
locale concernant la santé et l'environnement, niveau de démocratie
).
Le sac à dos écologique (MIPS)
Démarche pro-active, ce nouveau concept développé
en 1994 par M. Schmidt-Bleek de l'Institut Wuppertal (Allemagne) vise
à connaître la "consommation d'environnement" totale
d'un produit. Cet indicateur nommé "sac à dos écologique"
permet de mesurer les progrès accomplis vers une réduction
d'un facteur 10, objectif de productivité des ressources des pays
industrialisés pour atteindre un développement plus soutenable.
Du fait des transformations opérées par l'homme à
partir des ressources naturelles un kilo de matière dans un produit
fini représente davantage en poids d'environnement.
L'évaluation simplifiée et
qualitative du cycle de vie (ESQCV)
Le cadre théorique de cette nouvelle méthode a été
donné dans le fascicule de documentation de l'Afnor FD X 30-310
sur "la prise en compte de l'environnement dans la conception des
produits" publié en mai 1998. Cette méthode a été
formalisée de façon plus détaillée lors de
son application à 20 produits couramment achetés par l'Administration
dans le cadre d'un projet du ministère de l'Aména-gement
du Territoire et de l'Environ-nement. Elle vise à rechercher de
façon simple des pistes d'améliorations écologiques
tout au long du cycle de vie d'un produit, sur la base d'un nombre restreint
d'informations environnementales.

La marque NF Environnement
Avec le concours de Patricia PROIA, AFNOR
La marque NF Environnement est destinée à certifier que
les produits sur lesquels elle est apposée présentent un
impact négatif moindre sur l'environnement, tout en garantissant
une qualité d'aptitude à l'usage au moins équivalente
à celle d'autres produits analogues sur le marché. Elle
concerne à la fois le produit et son emballage.
C'est une marque volontaire, fondée sur une approche écologique
multicritères
s'appliquant depuis l'extraction des matières premières
jusqu'à l'élimination des produits après usage.
C'est une marque qui prend en compte l'aptitude à l'usage. Elle
est attribuée pour une durée déterminée de
façon à actualiser ses exigences et elle est "Euro-compatible",
conçue pour s'intégrer dans une dynamique communautaire
de labellisation écologique. La marque NF Environnement s'applique
aux produits destinés aux consommateus comme aux produits intermédiaires.
Sont provisoirement exclus du champ d'application, les produits pharmaceutiques
et agroalimentaires, les services et le secteur automobile.
Qui choisit les nouvelles
catégories de produits ?
C'est le comité de la marque, instance consultative, composé
de dix-neuf membres qui représentent toutes les parties concernées
: professionnels de l'industrie, de la distribution, associations de consommateurs
et de protection de l'environnement, pouvoirs publics.
De plus, le Président du Conseil Scientifique en est membre ainsi
que l'ADEME et AFNOR Certification qui en tient le secrétariat.
La demande de création de nouvelles catégories labellisables
peut émaner de quiconque. Après examen des demandes, AFNOR
Certification les soumet au comité de la marque. Une seule entreprise
développant un produit écologiquement innovant peut demander
la mise en place d'une proposition de critères.
Comment obtenir la marque
NF Environnement ?
À partir du moment où il existe un règlement technique
pour une catégorie de produits, les demandeurs doivent adresser
au directeur général d'AFNOR Certification un dossier de
candidature au droit d'usage de la marque
NF Environnement pour leurs produits.
Dès réception de cette demande, un auditeur est désigné
par AFNOR Certification pour effectuer une visite du site de production.
Le demandeur fait parvenir à AFNOR Certification les résultats
des essais effectués sur le produit par un laboratoire membre du
réseau NF.
Le demandeur devient titulaire du droit d'usage de la marque NF Environnement
lorsque le rapport d'audit et les rapports d'essai établissent
la conformité aux exigences du règlement technique. Une
fois le droit d'usage de marque NF Environnement obtenu, des contrôles
périodiques inopinés permettent de vérifier la permanence
de la conformité du produit et des dispositions de suivi mises
en place par le titulaire.
Aperçu des conditions
financières
Le régime financier comporte des frais d'admission et une redevance
annuelle. Les frais d'admission au droit d'usage de la marque NF Environnement
comportent à la date de parution de l'ouvrage :
- Un forfait de participation aux frais d'établissement du règlement
technique par catégorie de produits de 1 189 Euros HT à
2 379 Euros HT, suivant le règlement, payable une seule fois quel
que soit le nombre de produits présentés dans une même
catégorie.
- Des frais d'instruction de dossier de
1 205 Euros HT par gamme de produits pour une première admission
puis de 609 Euros HT pour les admissions ultérieures,
- Des frais de visite d'établissement de
1 094 Euros HT,
- Des frais d'essai de conformité (si nécessaire), à
la charge du demandeur.
La redevance annuelle pour le droit d'usage de la marque NF Environnement
est fixée à 0,1 % du chiffre d'affaires des produits certifiés.
Ce droit d'usage présente un plafonnement (à préciser
en fonction de chaque règlement technique).
Le label écologique communautaire
Avec le concours de Patricia PROIA, AFNOR
Egalement nommé Eco Label européen, il s'agit du label écologique
commun à tous les pays de l'Union Européenne. Ce label volontaire
a été institué par le règlement (CEE) n°
880/92 du Conseil du 23 mars 1992, publié dans le JOCE du 11 avril
1992.
L'éco-label européen veut promouvoir la conception, la
production, la commercialisation et l'utilisation de produits ayant une
incidence moindre sur l'environnement pendant tout leur cycle de vie.
Il vise aussi la meilleure information des consommateurs sur les incidences
qu'ont les produits sur l'environnement. Il ne compromet pas la sécurité
du produit ou des travailleurs et n'influe pas de manière significative
sur les qualités qui rendent le produit propre à l'utilisation.
Le label écologique communautaire repose sur le principe d'une
"approche globale" qui prend en considération le cycle
de vie du produit à partir de la fabrication, y compris le choix
des matières premières, la distribution, la consommation
et l'utilisation jusqu'à l'élimination après usage.
Qui décide du développement du label écologique
communautaire ?
La Commission des Communautés européennes entame la procédure
de sa propre initiative ou à la demande du CUELE (Comité
de l'Union Européenne pour le Label Écologique).
La Commission donne un mandat au CUELE pour élaborer et revoir
périodiquement les critères du label écologique.
La consultation s'effectue tout au long des travaux d'élaboration
du cahier des charges, au moment de l'étude de faisabilité
et de l'élaboration des critères.
Le CUELE est constitué des organismes compétents de chaque
pays membre de l'Union européenne. En France, il s'agit d'AFNOR
CERTIFICATION.
Dans le Forum, on retrouve toutes les parties prenantes telles que les
petites et moyennes entreprises, les artisans et leurs organisations professionnelles,
les syndicats, les commerçants, les détaillants, les importateurs,
les groupes de protection de l'environnement et les organisations de consommateurs.
Le CUELE doit garantir, pour chaque catégorie de produits, une
participation équilibrée de toutes ces parties.
A quel produit peut-il être attribué ?
Le logo du label écologique communautaire peut être apposé
(après instruction des demandes), sur les produits qui satisfont
à des cahiers des charges établis par catégorie.
Qu'il y a t-il dans les cahiers des charges ?
Chaque cahier des charges est publié au JOCE sous forme de décision
de la Commission Européenne. Il définit une catégorie
de produits "labellisables", et les critères écologiques
et de performance qui s'y appliquent. Le règlement définit
ainsi une catégorie de produits : "les produits destinés
à un même usage et pouvant être utilisés de
manière équivalente".
Comment définir les critères écologiques ?
En faisant référence aux objectifs du règlement,
des principes généraux qui jouent le rôle de garde-fou,
et à la matrice d'évaluation.
De plus, la Commission a rédigé des lignes directrices
destinées aux pays pilotes. Ces lignes directrices concernent :
les procédures d'élaboration des cahiers des charges, les
principes stratégiques et "politiques", l'utilisation
d'analyses de cycle de vie appliquées au label écologique.
Aperçu des conditions financières
Toute demande d'attribution d'un label est soumise au paiement des frais
de traitement du dossier. Le montant de ces frais est de 762,25 €.
Pour les PME, le tarif est de 571,68 € par type de produit, 25% de
réduction étant autorisé par le nouveau règlement
pour les entreprises répondant à la définition telle
que définie dans la recommandation 96/280/CE de la Commission (JO
L 207 du 30/4/1996).
A cela s'ajoute le paiement d'une redevance d'utilisation par le demandeur.
Cette redevance est calculée sur la base d'un pourcentage des ventes
annuelles à l'intérieur de l'Union Européenne, du
produit ayant obtenu le label. Ce pourcentage est de 0,15 %. Le montant
minimal de référence est de 762,25 €. La redevance
maximale est fixée à 10 671,43 €.
La redevance annuelle est réduite de 25 % pour les PME et de 15
% pour les demandeurs qui sont enregistrés dans le cadre du système
communautaire de management environnemental et d'audit (EMAS) ou qui sont
certifiés conformes à la norme ISO 14001. Les réductions
susmentionnées sont cumulatives et s'appliquent tant à la
redevance minimale qu'à la redevance maximale.
Le label écologique a une durée de validité qui
dépend des critères écologiques pour chaque catégorie,
celle-ci est de trois ans en général à compter de
la date d'adoption des critères. Il peut être utilisé
dans tous les états membres de l'Union Européenne.
Quels renseignements faut-il fournir dans une demande ?
Les demandeurs peuvent s'adresser aux organismes compétents pour
savoir quelle est l'information requise dans chaque cas. Celle-ci dépend
de la catégorie de produit pour laquelle postule le demandeur.
Les organismes compétents communiquent aux demandeurs les tests
à effectuer et la façon dont l'évaluation sera conduite.
Les Eco Labels autoproclamés
La multiplication sur les produits de grande consommation, des logos de
toutes natures, censés indiquer que lesdits produits et/ou leurs
emballages présentent un caractère écologique, justifie
une petite clarification.
Les messages transmis par ces marquages
ont schématiquement trois types de signification : l'objet est
recyclé, l'objet sera valorisable en fin de vie, à l'état
de déchet, l'objet se veut respectueux de l'environnement.
Mais il s'agit aussi de savoir sur quoi porte le marquage écologique
autoproclamé. La question posée ici est de savoir si le
logo apposé sur le produit concerne le seul produit commercialisé,
le seul emballage de ce produit, ces deux éléments ensemble.
On voit bien là que les risques de confusion existent réellement.
Le risque le plus évident consisterait à ce que les vertus
prêtées au contenant bénéficient à tort
au contenu.
D'un point de vue juridique, ces Eco Labels dits autoproclamés
s'appuient sur des initiatives volontaires strictement privées.
Leur crédibilité repose donc essentiellement sur la rigueur
des référentiels sur lesquels ils s'appuient et sur la réputation
qu'ils ont réussi à construire.
Il faut tout de même préciser que l'utilisation d'arguments
écologiques dans la communication est soumise à l'ensemble
des dispositions légales et réglementaires régissant
la publicité. Ces règles s'organisent principalement autour
de deux axes : la publicité ne doit pas tromper le consom-mateur,
la publicité ne doit pas constituer un acte de concurrence déloyale.
L'annonceur doit donc être en mesure de produire tous éléments
propres à justifier ses allégations, indications, ou présentations
publicitaires. Aussi, il ne peut recourir à des conclusions scientifiques
relatives à l'environnement qui ne reposeraient pas sur des travaux
scientifiques reconnus.
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